une crise de gouvernance secoue Soitec

une crise de gouvernance secoue Soitec


Est-ce un putsch qui a fait pschitt ? Alors que, mercredi 19 janvier, le conseil d’administration de Soitec, entreprise française qui est l’une des rares à peser à l’échelle mondiale dans l’industrie des semi-conducteurs, annonçait la désignation d’un successeur à son patron, Paul Boudre, l’ensemble du comité de direction publiait dans les heures qui suivaient une lettre cinglante dénonçant cette décision, plongeant l’entreprise dans la crise.

Il y déplorait « la nomination incompréhensible d’un nouveau directeur général », dans des conditions d’« opacité » et de « précipitation », « sans considération sérieuse des candidats internes », sachant que le mandat de M. Boudre, candidat à sa propre succession, devait être remis en jeu à l’occasion de la prochaine assemblée générale de juillet. Agé de 64 ans, il n’aurait cependant pu effectuer que quelques mois de plus avant d’atteindre la limite d’âge recommandée de 65 ans.

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Au-delà, les signataires de ce courrier attaquaient ad hominem Eric Meurice, l’ancien dirigeant d’ASML, à la tête du conseil d’administration depuis trois ans, lui reprochant « la mise en place d’un règlement intérieur [lui] octroyant des pouvoirs exceptionnellement étendus », son interventionnisme sur des sujets tels que le comité des rémunérations ou le dialogue social dans l’entreprise, mais également des « intimidations et pratiques vexatoires envers des membres du comité exécutif ».

« Un secteur identifié comme stratégique par l’Etat »

A demi-mot, ils en appelaient à une intervention des pouvoirs publics en évoquant « la possible déstabilisation d’une entreprise (…), dans un secteur identifié comme stratégique par l’Etat (…), au cœur de la stratégie d’investissement France 2030 (…) et au centre des enjeux de souveraineté qui traversent notre pays et l’Europe tout entière ».

Vendredi 21 janvier, et alors que le titre de l’action du groupe venait de perdre près de 20 % de sa valeur depuis l’ouverture de la crise, passant au-dessous de 6 milliards d’euros de capitalisation, Soitec publiait un communiqué semblant signer la fin des hostilités – ou au moins sauver les apparences. « Eric Meurice et Paul Boudre s’engagent à travailler ensemble pour garantir une transition harmonieuse », dit le texte. Le nom du successeur de ce dernier étant déjà connu. Il s’agit de Pierre Barnabé, 51 ans, membre du comité de direction générale d’Atos, patron des activités Big Data et Cybersécurité, qui doit, dans un premier temps, arriver avec la fonction de chargé de mission du conseil d’administration, à compter du mois de mai.

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