« Tous les chemins mènent à Amazon, mais pas forcément au succès »

« Tous les chemins mènent à Amazon, mais pas forcément au succès »


Pertes & profits. Quand on est spécialisé dans le transport individuel de personnes et qu’un méchant virus oblige tout le monde à rester chez soi, la situation devient critique. Uber, qui a dû se séparer du quart de ses effectifs, a pu se féliciter d’avoir, parmi ses multiples tentatives de diversification, choisi de se développer dans le contraire absolu de la mobilité des personnes : la livraison à domicile. Au mois de mai, l’activité de taxi VTC d’Uber a chuté de 80 %, quand celle de sa filiale Uber Eats a bondi de 100 %. D’autant que le confinement a apporté de nouveaux besoins. En avril, la firme a conclu un accord avec Carrefour pour livrer, non plus uniquement des repas, mais aussi de l’épicerie. Une expansion bienvenue, car cette réussite comporte un petit bémol, ce métier, hyperconcurrentiel, n’est pas rentable.

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D’où la nécessité à la fois de faire le ménage dans le secteur et de lui ouvrir de nouveaux horizons. C’est la raison pour laquelle le roi du VTC a signé ce lundi 6 juillet l’acquisition de son concurrent américain Postmates pour 2,6 milliards de dollars. Ce n’était pas son premier choix, puisqu’il visait un autre acteur, GrubHub, bien plus gros, mais se l’est fait souffler par l’européen Just Eat Takeaway. Postmates est surtout actif autour de Los Angeles, mais il peut se prévaloir d’une bonne expérience dans la livraison d’articles en tous genres. Sur son site, on peut commander un hamburger, mais aussi du vin, des écouteurs de musique ou des cachets d’aspirine, en provenance du magasin de la ville et livrés dans l’heure.

Joueur d’un autre calibre

C’est ce modèle qui intéresse Uber, qui vient également d’acquérir Cornershop, autre société spécialisée dans ce même domaine. En France, Deliveroo a signé un accord de ce type avec Franprix. La restructuration de ce métier naissant et coûteux prend la forme d’une course où seules les plus richement dotés par leurs actionnaires pourront gagner. Pour l’instant, la pertinence économique de cette diversification n’est pas trouvée et cette cavalcade va rapidement trouver sur sa route un joueur d’un autre calibre, Amazon.

Celui-ci, allié en France avec Casino, est à la fois un magasin, avec ses entrepôts, une place de marché sur Internet ouverte à tous ses concurrents et une société de logistique capable de livrer elle aussi dans l’heure. Ainsi, pour échapper à la malédiction du taxi, Uber, si riche malgré ses pertes, tente la voiture, le vélo, la trottinette, la livraison de repas, et maintenant l’e-commerce. Tous les chemins mènent à Amazon, mais pas forcément au succès.

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