Sous la pression de Pékin, l’application Zoom censure des utilisateurs installés aux Etats-Unis

Sous la pression de Pékin, l’application Zoom censure des utilisateurs installés aux Etats-Unis


Est-ce la rançon du succès ? Zoom, l’application de conversation de groupe qui a vu sa base d’utilisateurs exploser de 10 millions à 300 millions après quelques semaines de pandémie due au coronavirus, fait face à un scandale de censure. L’entreprise, déjà mise en cause pour les problèmes de sécurité de ses données, est accusée d’avoir supprimé le compte de plusieurs critiques de la Chine, alors qu’ils sont installés aux Etats-Unis. Elle a admis s’être pliée à des demandes des autorités de Pékin, et a répondu aux critiques en promettant d’améliorer son processus de censure.

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Zhou Fengsuo, fondateur d’une association américaine, Humanitarian China, est un ancien meneur étudiant du mouvement de Tiananmen, écrasé dans le sang sur la place centrale de Pékin le 4 juin 1989. Le 31 mai, ce militant chinois exilé aux Etats-Unis avait organisé une conférence en ligne, à partir d’un compte payant sur Zoom. Parmi les intervenants, des mères de victimes de la répression et des organisateurs de la veillée à Hongkong commémorant le massacre de Tiananmen. Environ la moitié des 250 participants s’étaient connectés depuis la Chine, a indiqué Zhou Fengsuo au New York Times.

« Le gouvernement chinois nous a informés que cette activité était illégale en Chine et a demandé que Zoom interrompe la réunion et supprime les comptes de ses organisateurs. Nous n’avons fourni aucune information sur les utilisateurs ou le contenu de la réunion au gouvernement chinois. Nous n’avons pas de backdoor [porte dérobée] permettant à qui que ce soit d’assister à une réunion sans être visible », s’est justifié Zoom dans un communiqué cité par Axios, un site d’information américain qui a le premier diffusé l’information.

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L’entreprise a aussi expliqué avoir supprimé deux autres groupes sur demande de Pékin, et refusé une quatrième demande parce qu’aucun des participants n’était domicilié en Chine. Accusée de participer à la censure chinoise, elle se contente d’affirmer qu’elle se plie aux lois des pays dans lesquels elle opère. Mais Zoom a assuré faire en sorte que les demandes de la République populaire n’affectent plus personne en dehors de Chine, grâce à un outil de censure plus localisé.

Coopération

Les liens de Zoom avec Pékin avaient déjà été mis en cause ces derniers mois. Son fondateur, Eric Yuan, a grandi dans la province de Shandong avant d’émigrer vers la Californie à la fin des années 1990, et d’obtenir la nationalité américaine. L’entreprise, enregistrée dans la Silicon Valley, emploie plus de 700 personnes en Chine, à travers trois filiales, pour développer à moindre coût les logiciels de l’entreprise.

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