« Robin des Bois, héros ou escroc ? »

« Robin des Bois, héros ou escroc ? »


Pertes & profits. Tout au long de l’histoire, Robin fut bandit ou justicier. Une erreur de traduction a transformé la légende de l’Anglais Robinhood en un Français Robin des Bois (Robinwood). Mais le terme hood, « capuche », peut aussi se traduire par truand. Walter Scott, en 1819, dans son roman Ivanhoé, a figé l’image du révolté qui prenait aux riches pour donner aux pauvres. A Wall Street, on ne se fait plus guère d’illusions sur la nature de l’application sur Internet Robinhood. Lors de son dernier tour de table, en août, ce site, qui permet d’investir en Bourse très facilement et sans aucune commission, a été valorisé 11,2 milliards de dollars (9,1 milliards d’euros).

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Mais ce qui chiffonne les autorités boursières, ce sont surtout les méthodes de la société fondée, en 2013, par deux étudiants de l’université californienne Stanford, Vlad Tenev et Baiju Bhatt. Pour se démarquer de la concurrence, les deux compères ont décidé de s’adresser aux débutants en finance, et particulièrement aux jeunes. Ils ont emprunté les codes du jeu vidéo pour inciter à investir, gagner et recommencer. La première transaction sur le site est accueillie par une pluie de confettis. Cela a fonctionné au-delà de leurs espérances. Ils ont attiré 13 millions de clients, dont la moitié n’avait, auparavant, jamais touché à la Bourse. Selon une plainte déposée par les autorités du Massachusetts, certains de ces apprentis, dont l’âge moyen est de 31 ans, passaient plus de 90 ordres de Bourse par jour. Le confinement a bien sûr aidé à recruter de nouveaux adeptes à la recherche de sensations fortes.

Amende de 65 millions de dollars

Plus grave encore, le gendarme fédéral de la Bourse, la Securities and Exchange Commission, a infligé une amende de 65 millions de dollars à la société pour avoir revendu, avec bénéfice, les investissements de ses clients à de gros fonds spéculatifs comme Citadel. Robinhood a également poussé des produits sophistiqués, comme les options, vers un public néophyte.

La start-up raconte une autre histoire, celle d’un justicier qui a contribué à démocratiser l’investissement en le rendant facile et très bon marché. Alors, héros ou escroc ? Peut-être le plus sage est de suivre le conseil de Warren Buffett, icône de la Bourse pour des millions d’Américains. « N’investissez que dans ce que vous comprenez, sinon, passez votre chemin. »



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