Quel impact environnemental pour la viande cellulaire ?

Quel impact environnemental pour la viande cellulaire ?


A l’heure où la consommation de viande, en hausse à l’échelle planétaire, est pointée du doigt en raison de son impact climatique et sanitaire ainsi qu’en termes de bien-être animal, les questions se multiplient sur les possibilités de la réduire. Certains chercheurs, entrepreneurs et militants considèrent que la demande de produits carnés continuera de grimper dans les prochaines décennies et placent leurs espoirs dans la viande dite « cultivée ». Aussi appelée viande « cellulaire », obtenue à partir de cellules souches incubées dans un milieu de croissance, elle offrirait la promesse d’un aliment sans souffrance animale et à moindre impact environnemental. Mais la viande cultivée est perçue par d’autres comme le pas de trop vers une alimentation artificielle, une technologie inutile voire dangereuse.

Une technologie controversée

Depuis la présentation, en 2013, du premier burger « in vitro » par une équipe néerlandaise – un steak dont le coût de développement est alors évalué à 250 000 euros –, quelques dizaines de start-up se sont lancées, élaborant diverses techniques de nuggets, saucisses, voire de véritables morceaux de filets, et ont fait fondre les coûts de production pour les ramener à une dizaine d’euros la pièce. Début décembre 2020, Singapour était le premier Etat à autoriser la vente de ces produits, en accordant un feu vert aux nuggets de poulets fabriqués par la société californienne Eat Just. Ailleurs, l’heure de la commercialisation n’a pas encore sonné, et les autorités sanitaires américaines comme européennes étudient l’opportunité d’autoriser cette technologie controversée.

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Parmi les nombreuses questions que soulève la viande cultivée, son impact environnemental reste débattu. Une étude publiée mardi 9 mars par le cabinet néerlandais CE Delft, spécialisé dans l’analyse environnementale, réunit les données les plus à jour sur ce sujet.

Commandée par deux organisations qui plaident pour le développement de la viande cultivée – l’association belge de protection animale Gaia et l’organisation américaine The Good Food Institute –, il s’agit de la première analyse à s’appuyer directement sur des données venant d’entreprises du secteur. Cette filière étant très concurrentielle et soucieuse de garder confidentielles ses techniques de fabrication, les précédentes études élaboraient des hypothèses de production à partir d’analogies avec d’autres secteurs. Cette fois-ci, quinze sociétés – parmi lesquelles Mosa Meat (Pays-Bas) et Aleph Farms (Israël) – ont fourni leurs données, comme par exemple la température à laquelle sont chauffés les bioréacteurs, la durée de maturation ou encore la composition du médium de culture dans lequel sont baignées les cellules souches.

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