Les ventes aux enchères reprennent sur le net

Les ventes aux enchères reprennent sur le net


Hôtel des Ventes de Coutances

Quelques-uns se sont d’abord lancés prudemment : l’étude parisienne Ader avec une vente de quelques lingots d’or (valeur refuge en ce moment), d’autres avec des ventes de multiples (estampes, photos, timbres) dont les cotes sont bien établies.

Mais, avec les prolongations du confinement, puis la mise en place des gestes barrières et l’interdiction des regroupements, les ventes live, en ligne et live only se multiplient désormais, devenues par la force des choses la nouvelle norme des ventes aux enchères.

Dans les faits, depuis le 11 mai, les commissaires-priseurs ont la possibilité de proposer des ventes publiques, « mais avec dix personnes autorisées à être ensemble en tout, dont le personnel de l’étude, je peux donc accueillir quatre enchérisseurs », calcule Eric Boureau, de l’hôtel des ventes de Coutances (Manche), « et cela mobilise des magasiniers pour montrer les lots un par un. Je préfère me lancer dans le 100 % digital ». C’est une première pour son étude : les 6 et 8 juin, il propose une collection de vinyles, « plus de 12 000 pièces, que j’ai enfin eu le temps de trier et d’organiser ! » Les vinyles ont aussi cet avantage de pouvoir être expédiés facilement.

Juin, toujours un bon mois

Sur les plates-formes de ventes live Interencheres et Drouot, un même constat : les acheteurs sont là, et les maisons de ventes s’activent. Pour le mois d’avril, les ventes live sur Interencheres comptabilisaient en moyenne 476 inscrits (contre 152 en avril 2019), de nombreuses ventes ayant même dépassé les 2 000 inscrits, et 3 000 ordres d’achat secret.

En mai, Interencheres devrait atteindre une moyenne au moins égale à 20 ventes par jour… Et le rythme devrait encore s’accroître, car le mois de juin est traditionnellement un mois riche en ventes. « En 2019, la journée la plus dense a été de 57 ventes en tout, nous pouvons battre ce record en juin », estime Frédéric Lapeyre, directeur général délégué d’Interencheres.

Ses équipes sont restées mobilisées ces dernières semaines, à la fois pour administrer l’afflux des ventes et pour aider les commissaires-priseurs à se lancer dans l’aventure du 100 % live. Ils sont encouragés par les bons résultats enregistrés jusqu’ici : sur l’ensemble des lots présentés en live, 82 % sont vendus par ce biais (contre 38,1 % en avril 2019), les 18 % restants se répartissent entre enchères par téléphone, ordres d’achat et invendus.

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Du côté de Drouot Digital, le directeur général, Olivier Lange, s’attend « à une offre plus importante en juin. Beaucoup de ventes ont été reportées depuis le mois de mars, mais pour l’instant, les acheteurs sont là. Sur les ventes online, nous avons enregistré jusqu’à 1 400 enchérisseurs, et sur certaines ventes live only, plus de 800 connexions ».

Drouot Digital propose en effet plusieurs formules d’enchères : en ligne, la vente dure une dizaine de jours et les acheteurs participent quand ils le souhaitent (ou mettent en place des enchères automatiques), live only, qui se déroule comme une vente traditionnelle mais à distance, et depuis quelques jours « buy now » : les objets sont proposés sans enchères à prix fixe, sans frais ajoutés, le premier à prendre l’objet le remporte.

Carrés Hermès ou Vuitton, sacs griffés, bijoux, objets de décoration…

Au mois de juin, le nombre de ventes digitales risque donc d’être encore plus important, au risque d’un embouteillage de l’offre sur le secteur traditionnel du MOA (Mobilier Objets d’Art).

De Baecque et associés, maison de vente très active sur les ventes numériques depuis avril, a préféré anticiper la cohue : « Cette solution de vente à huis clos est parfaitement adaptée pour les lots intermédiaires, car même en temps normal, nous vendons énormément via le live et sur ordres d’achat. Il est probable qu’au moment de la reprise ces ventes intermédiaires passent totalement inaperçues et soient lourdement concurrencées par la reprogrammation de toutes les grandes ventes cataloguées. »

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Etienne de Baecque prévoit pour le 3 juin prochain une vente « vintage » avec des carrés Hermès ou Vuitton, des sacs griffés, des bijoux et des objets de décoration. L’étude espère aussi toucher un nouveau public, comme sur ses ventes d’avril qui ont enregistré 48 % de nouveaux acheteurs.

Le 3 juin, vente d’objets vintage sur Debaecque.fr, à 14 heures. Me Etienne de Baecque. Tél. : 04.65.65.25.95.
Le 6 juin, vente de vinyles sur Interencheres.com, à 14 heures. Me Eric Boureau. Tél. : 02.33.19.01.80.



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