« Les défenseurs de la “souveraineté industrielle” de la France peuvent être rassurés, Photonis reste français »

« Les défenseurs de la “souveraineté industrielle” de la France peuvent être rassurés, Photonis reste français »


Pertes & profits. Photonis était devenu un cas d’école pour les défenseurs de la « souveraineté industrielle » de la France. Les voilà rassurés : le spécialiste de la vision nocturne, fournisseur de plusieurs armées dans le monde, a trouvé preneur. La société d’investissement française HLD est entrée en négociation exclusive pour racheter au fonds Ardian le leader de la fabrication de tubes intensificateurs de lumière pour jumelles de vision nocturne et de systèmes de détection scientifique, ont annoncé les trois groupes, lundi 15 février, dans un communiqué.

Tant pis si HLD a été moins-disant que l’américain Teledyne, qui en avait proposé 500 millions d’euros. La transaction se fera à 370 millions, selon une source citée par Les Echos. En vertu du décret sur le contrôle des investissements étrangers en France, de plus en plus restrictif au fil des ans, l’Etat avait refusé sa vente au groupe californien, fin 2020, après avoir sollicité Lynred, la coentreprise Thales-Safran spécialisée dans les détecteurs à infrarouge. Sans succès.

Des marchés porteurs

Si l’on s’est interrogé sur le caractère « stratégique » de Carrefour, dont l’Etat a bloqué la cession au canadien Couche-Tard, la question ne s’est pas posée pour Photonis. La société située à Mérignac (Gironde), qui emploie près de 1 000 salariés en France, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, produit notamment des instruments utilisés par le laser Mégajoule. Il permet au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de simuler des explosions nucléaires interdites dans l’atmosphère.

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HLD lorgnait cette pépite depuis longtemps et s’est aussitôt positionnée après l’éviction de Teledyne. La ministre des armées, Florence Parly, a soutenu l’offre de la société de Jean-Bernard Lafonta, qui compte des actionnaires de poids comme Norbert Dentressangle, les Decaux, les Cathiard (Poma) ou Claude Bébéar (ex-PDG d’AXA).

L’acheteur s’est engagé à investir dans de nouvelles innovations et à mener une politique de croissance par des « acquisitions ciblées », surtout en Europe. Objectif : doubler ses ventes à l’horizon 2025 (soit 300 millions) dans la défense, l’énergie ou la santé. Ces marchés sont porteurs. A peine digéré son échec en France, Teledyne a acquis son compatriote FLIR Systems pour 8 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros), créant un groupe capable de réaliser 5 milliards de dollars de ventes.



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