le streaming monopolise la bande passante

le streaming monopolise la bande passante


Les cinq plus grands fournisseurs de contenus représentent à eux seuls la moitié du trafic Internet en France, Netflix étant largement en tête. En cause, la vidéo en streaming, très gourmande en bande passante.

L’Arcep, le régulateur français des télécommunications – de son nom complet Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse –, vient de publier son rapport sur l’état d’Internet en France à la fin 2021. Sans surprise, Netflix reste le service générant le plus de trafic. À lui seul, il occupe 20 % de la bande passante, loin devant Google, deuxième avec 11 %, Akamai, Facebook et Amazon, qui représentent chacun entre 8 et 5 % des flux en. À eux cinq, ces fournisseurs représentent 51 % du trafic sur les réseaux français ! Et le problème ne se pose pas uniquement dans l’Hexagone puisqu’ils occupent 53,7 % du trafic Internet mondial.

Le point commun entre ces géants d’Internet est qu’ils font tous de la vidéo en streaming. C’est le cœur de l’activité de Netflix, qui propose de la vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) ; mais Google possède YouTube, Amazon dispose de son service de SVOD (Prime Video), les utilisateurs de Facebook partagent de nombreuses vidéos sur le réseau social et Akamai est une entreprise qui fournit des prestations de mise en cache des contenus sur le Net. En clair, c’est aujourd’hui la vidéo qui occupe la majeure partie de la bande passante sur Internet. 

© Arcep

Netflix : un service vidéo toujours plus gourmand

Depuis son lancement en 2014, Netflix est de plus en plus gourmand, et ce n’est pas près de s’arrêter. La vidéo consomme énormément de données – et donc de débit –, en particulier avec la démocratisation de la haute définition (FUD) et de l’ultra haute définition (4K ou UHD), d’autant plus que les formats d’image comme la 8K commencent à apparaître. Pour limiter sa consommation, la plateforme utilise depuis la fin 2021 le codec AV1, un format open source qui offre un excellent rapport qualité/débit avec un taux de compression supérieur de 30 à 40 % en moyenne à VP9 et H.265/HEVC et même de 50 % par rapport à H.264, le codec vidéo le plus répandu pour le streaming. Le tout en faisant varier le débit (bitrate) pour l’adapter à la fois à la complexité des images vidéo et à la vitesse de connexion. 

Pourtant, ces techniques ne suffisent pas à ralentir l’augmentation du trafic Internet. Les opérateurs français comme Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free s’en plaignent car le flux de données entrantes a augmenté de plus de 25 % en un an, passant de 28,4 Tbit/s fin 2020 à 35,6 Tbit/s fin 2021, ce qui pèse sur leurs réseaux. Face à ce problème, les opérateurs et la Commission européenne réfléchissent à une taxe appliquée aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) et aux services de streaming, afin d’aider au financement et à l’entretien des réseaux. Un projet législatif doit d’ailleurs être présenté en fin d’année 2022 à Bruxelles.

La demande mondiale en bande passante devrait continuer à croître durant les prochaines années, avec l’introduction de nouvelles technologies reposant sur l’intelligence artificielle (IA) et la réalité virtuelle (VR), qui sont très gourmandes en données, et donc en bande passante. Sans parler de la multiplication des objets connectés, qui vont envahir notre quotidien, ni de l’arrivée des véhicules autonomes qui s’appuieront également sur Internet, via la 5G et d’autres connexions mobiles.  Un véritable défi technologique, qui s’accompagne en plus d’une problématique écologique, le numérique ayant un fort impact environnemental.



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