le site de torrents change encore d’adresse

le site de torrents change encore d’adresse


Pour échapper aux mesures de blocage, YggTorrent change une nouvelle fois d’URL. Une pratique courante pour celui qui se présente comme le premier tracker BitTorrent francophone, comme pour les autres sites de torrents pirates.

La période est mouvementée pour les amateurs de contenus piratés ! Après la disparition subite de Zone-Telechargement et le retour surprise de Tirexo devenu PapaFlix (voir notre article), c’est encore un site populaire qui fait parler de lui sur la Toile, en l’occurence YggTorrent. De fait, celui qui se présente comme « le premier tracker BitTorrent francophone » vient une nouvelle fois de changer d’adresse, obligeant ses utilisateurs habituels à partir à la chasse à l’URL pour y accéder. Une pratique courante pour tous ces sites qui font régulièrement l’objet de poursuites judiciaires et de mesures de déréférencement dans les moteurs de recherche et de blocage de la part des fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Et pour cause : même s’ils n’hébergent aucun contenu à proprement parler, ils proposent des liens permettant de télécharger – et parfois de regarder en streaming – gratuitement des films, des séries, des logiciels, des jeux, des magazines ou des livres électroniques. Bref, de profiter sans payer de copies illégales d’œuvres de l’esprit protégées par le droit d’auteur ce que la loi proscrit – hors du cadre très particulier de la copie privée. 

Le cas des trackers BitTorrent est encore plus « délicat » que celui des sites de téléchargement direct (Direct Download ou DDL pour les intimes) comme Zone-Telechargement, Tirexo, PapaFlix, Wawacity, Extreme Download, Cpasmal et autre Zone Annuaire. Car les liens qu’ils proposent ne renvoient pas vers des sites de stockage en ligne : ce sont des liens de torrents, qui servent à partager des contenus avec d’autres utilisateurs, selon un principe de donnant-donnant. Et c’est précisément le partage qui a valu à de nombreux internautes des avertissements de feu-Hadopi, notamment à ceux qui téléchargeaient à tour de bras et à longueur de journées des films Disney, des séries populaires ou des hits à la mode… Voilà pourquoi beaucoup se sont depuis équipés de VPN, afin d’échapper aux foudres des autorités – notamment de l’Hadopi, qui a fusionné en début d’année avec le CSA pour devenir l’Arcom, même si la nouvelle institution se préoccupe surtout du piratage en IPTV pour le moment (voir notre article) – en changeant d’adresse IP pour ne pas être identifiés. 

Mais le rempart du VPN, aussi efficace soit-il pour échapper aux radars, ne suffit pas toujours pour accéder aux trackers BitTorrent. Car beaucoup sont directement bloqués par les FAI, qui modifient leurs DNS en conséquence. C’est d’ailleurs une des raisons qu’évoquent les administrateurs d’YggTorrent en parlant de censure, et qui n’hésite pas à indiquer la marche à suivre pour changer de DNS… Dans leurs messages récents, ils annoncent un changement de domaine (l’extension qui suit le nom du site dans l’URL), en expliquer avoir été contraints de « déménager au Laos ». Ils vont même jusqu’à dresser la liste des anciens noms de domaines – et de leurs redirections – afin que leurs utilisateurs ne s’égarent pas sur de pâles copies, comme c’est souvent le cas dans ce milieu, quand les adresses changent. Un vrai service client !

Car, et c’est l’autre souci majeur des sites de téléchargement et de streaming illégal, les usurpateurs et les clones pullulent littéralement ! Beaucoup de faussaire – des « pirates de pirates »… – profitent de la popularité de certains sites pour reprendre leur nom voire leur identité graphique et attirer les curieux peu habitués et donc incapables de distinguer les « vrais » des « faux » lors de leurs recherches sur le Net. Une distinction d’autant plus difficile à faire que les sites « originaux » changent régulièrement d’adresse. Et que, malgré les poursuites et les les mesures de blocage, ils restent toujours très nombreux. Ainsi, en dehors d’YggTorrent qui figure parmi les trackers plus prisés des utilisateurs francophones, on trouve pêle-mêle l’incontournable The Pirate Bay – toujours actif –, RARBG, 1337x, LimeTorrents, TorrentDownloads, Torrentz2, Zooqle, YTS, EZTV, Oxtorrent, Zetorrents, Omgtorrent, Torrent9, Pcgamestorrents, GkTorrent ou encore TorLock, pour ne citer que les plus connus. Une véritable jungle dans laquelle il faut apprendre à se retrouver continuellement. Sans parler des modalités associées (utilisation d’un VPN, changement de DNS, paramétrage d’un logiciel BitTorrent comme qBittorrent, ouverture de certains ports, etc.). On comprend pourquoi ce genre de pratique reste réservée à un « public averti »… 



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