Le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, quitte la présidence de son école de commerce

Le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, quitte la présidence de son école de commerce


Doucement mais sûrement, le fondateur du géant de l’e-commerce Alibaba disparaît du paysage des affaires chinois. D’après le Financial Times, Jack Ma va quitter la présidence de l’un de ses projets les plus personnels : Hupan (« au bord du lac »), une école de commerce fondée en 2015 pour former l’élite des chefs d’entreprise du pays. En mars 2021, un cours d’étudiants de première année avait été annulé à la dernière minute. Depuis que Pékin a stoppé net, en novembre 2020, l’introduction en Bourse d’Ant Group, la filiale financière d’Alibaba, les autorités s’attaquent systématiquement à l’empire fondé par M. Ma.

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En 2015, ce dernier affichait pourtant ses ambitions pour Hupan : « Nous voulons qu’il fonctionne pour trois cents ans. » Le cursus dure trois ans, et consiste en des cours et des séminaires donnés tous les deux mois par des célébrités du monde des affaires comme Travis Kalanick, cofondateur d’Uber et, évidemment, Jack Ma lui-même. Les étudiants sont triés sur le volet. Ils doivent avoir fondé une entreprise qui compte plus de 30 employés, génère plus de 30 millions de yuans (3,8 millions d’euros) de chiffre d’affaires et a payé des taxes pendant au moins trois ans. Parmi les anciens étudiants se trouve Jean Liu, la présidente de Didi, numéro un chinois des réservations de voiture.

Pratiques monopolistiques

Le 17 mai, la vidéo d’un employé effaçant le nom de l’« Université Hupan », gravé sur un rocher à l’entrée du campus, avait fait le tour des réseaux sociaux. L’école, qui n’est pas officiellement une université, a changé de nom pour s’appeler Centre d’innovation Hupan, et une photo de Jack Ma a été retirée de son site Internet. L’école de M. Ma avait été dénoncée par la presse d’Etat comme étant un club de patrons élitistes. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en 2013, le Parti communiste n’a cessé de renforcer son emprise sur la société, et, plus récemment, sur le monde des affaires.

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Jack Ma, patron charismatique et l’un des hommes les plus riches de Chine, a eu le tort de vilipender les autorités de régulation financière. Son influence était jugée trop grande par Pékin. En avril, Alibaba a été condamné à 2,3 milliards d’euros d’amende pour pratiques monopolistiques, un record dans le pays. L’entreprise a aussi reçu l’ordre de réduire ses nombreuses participations dans des médias en Chine. Une manière, là aussi, de rogner son ascendant



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