« Le commerce en ligne, angle mort du débat politique local »

« Le commerce en ligne, angle mort du débat politique local »


Tribune. Les campagnes municipales battent leur plein, dans les plus petites communes comme dans les villes-métropoles, les candidates et les candidats rivalisent – souvent – d’imagination pour proposer de nouvelles façons de vivre, d’habiter et de se déplacer en ville.

La crise environnementale et le réchauffement climatique ne sont – presque – plus contestés et la part des énergies fossiles dans les causes, et notamment leur usage individuel, ne fait plus guère de doute. Rapportée à l’hyperdensité des grands centres urbains, elle amène les futurs édiles à coller aux préoccupations quotidiennes, notamment de déplacements et de santé de leurs concitoyens. Si on lit les programmes, on note un arsenal considérable de mesures portant sur les questions environnementales et écologiques : parcs et forêts urbaines, trames vertes, dizaines, voire centaines, de kilomètres de pistes cyclables, voies piétonnes débitumisées, agriculture urbaine, etc.

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Néanmoins, il semble subsister un impensé, un angle mort du débat politique local : l’impact économique et urbain des nouveaux modes de consommation, et plus précisément de l’explosion du commerce en ligne ou e-commerce.

En 2019, les chiffres disponibles font état de près de 39 millions de e-consommateurs en France, près de 88 % des internautes seraient des e-consommateurs. Nouvelle réalité massive de la vie quotidienne, de la commande sur son smartphone le lundi matin dans le bus jusqu’à la réception de son colis une heure après, ou bien dans son point de livraison le mardi en sortant du travail avant d’aller récupérer le petit dernier à la crèche… Nous aurons toutes et tous contribué à générer une augmentation sans précédent des flux de transports, composés de la masse de nos colis individuels. Ce sujet est évidemment moins spectaculaire et fait peut-être moins rêver que les potagers urbains, mais le e-commerce est en passe de devenir la règle, l’individualisation des modes de consommation également. Or, nos villes ne sont pas adaptées à cette réalité nouvelle.

Les hyper-urbains doivent s’interroger

Il est temps d’en prendre acte, car qui peut croire que l’on reviendra en arrière ? Même les hyper-urbains qui défendent l’idée de décroissance et qui exigent parallèlement les produits les plus bio et locaux possible doivent s’interroger : comment ces produits franchiront-ils le périphérique ou autres rocades pour parvenir en masse dans les assiettes de nos petits écoliers pour leur déjeuner à la cantine ?

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