L’e-commerce affecté lui aussi par la pandémie

L’e-commerce affecté lui aussi par la pandémie


Les bureaux d’Amazon, à Clichy (Hauts-de-Seine), en novembre 2019. STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP

Sous le feu des projecteurs pendant le confinement, alors que les magasins, hors produits essentiels, étaient fermés, l’e-commerce a été, pour les Français, le seul moyen de continuer à consommer, d’autant plus facilement d’ailleurs que leur présence contrainte à domicile leur permettait de réceptionner leurs colis.

Et pourtant, au premier trimestre, les ventes sur Internet n’ont progressé que de 1,8 %, à 25,3 milliards d’euros (contre + 11,9 % sur la période janvier-mars 2019), soit leur plus faible progression trimestrielle, selon les données publiées, jeudi 28 mai, par la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Les grèves et les premiers effets de la crise sanitaire sur les ventes de voyages, transports, ont pesé. « En janvier et février 2020, l’e-commerce s’est développé de + 8 %. Au mois de mars, le chiffre d’affaires s’est contracté de 10,1 %, touché par la crise sanitaire », précise la Fevad.

Lire aussi Les achats sur Internet dépassent pour la première fois les 100 milliards d’euros par an en France

Le temps que les Français reprennent leurs marques à la maison et l’activité est repartie à partir du mois d’avril. Les 100 plus gros sites marchands de produits non alimentaires ont enregistré des hausses de chiffre d’affaires de 37 % en avril. Mais tous n’en ont pas profité. « A fin avril, une enseigne sur quatre affichait encore un chiffre d’affaires en recul », souligne la Fevad dans un communiqué. Elle précise que « les sites des enseignes traditionnelles ont joué un rôle moteur dans cette croissance, avec un taux de croissance des ventes e-commerce de 100 %, très supérieur à celui des sites “pure players” (15 %), grâce au transfert réussi d’une partie des ventes magasins sur Internet ».

Les Français se sont rués sur l’e-commerce alimentaire

Dans certains secteurs, c’était même la frénésie. Pendant que les 325 magasins Decathlon en France étaient fermés, les ventes sur Internet du groupe ont été multipliées par quatre, avec 2,5 millions d’articles vendus. Principalement, des articles de fitness et des gros appareils, pour compenser la fermeture des salles de sport. Quelque « 30 % des commandes sur Internet étaient constituées de produits volumineux de fitness, comme les vélos d’appartement, les rameurs… et, dès les beaux jours, se sont rajoutés tables de ping-pong et trampolines », détaillee l’enseigne. Et cela, alors que les délais de livraison s’étaient considérablement allongés, avec la réduction d’activité de certains prestataires logistiques. Ils pouvaient atteindre jusqu’à douze jours chez Decathlon pendant le confinement, contre quarante-huit heures en temps normal.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi E-commerce : à qui profitent les grèves ?

Dans l’alimentaire aussi, les Français se sont rués sur les commandes en ligne. Selon Nielsen, l’e-commerce alimentaire, qui représentait 5,7 % des ventes en 2019, a même dépassé, lors de certaines semaines durant le confinement, 10 % de part de marché. « L’effervescence s’est calmée, mais les chiffres laissent penser que certaines habitudes ont été prises. Il faudra néanmoins attendre pour en tirer des conclusions, car beaucoup sont encore en télétravail ou hésitent à se déplacer dans les magasins », explique-t-on chez Système U, où le nombre de commandes en drive est de 25 % supérieur à la normale, après un doublement à la mi-mars.

Reste à savoir si de nouveaux internautes ont été convertis à l’achat en ligne. Les données économiques du premier trimestre ont été troublées par les mouvements sociaux du début de l’année et le début de la pandémie. Seulement 40 millions d’internautes ont effectué des achats en ligne au cours du premier trimestre, d’après Médiamétrie, soit à peine plus que les 38,8 millions comptabilisés sur la même période de 2019. Les données semestrielles seront probablement plus révélatrices d’un changement de comportement ou non.



Lien de l’article original

Laisser un commentaire