L’américain Interxion s’impose en France comme un acteur majeur des centres de données

L’américain Interxion s’impose en France comme un acteur majeur des centres de données


Port de Marseille. A deux pas d’un chantier qui n’en est qu’à ses prémices se presse une partie de la classe politique locale, dont le maire de la cité phocéenne, Benoît Payan (PS), et le président (LR) de la région PACA, Renaud Muselier. Ils sont rassemblés, ce vendredi 28 mai, pour la pose de la première pierre du prochain data center (centre de données) que la société Interxion va ouvrir, ici, sur les bords de la Méditerranée, d’ici environ dix-huit mois, moyennant un investissement de 145 millions d’euros, pour une superficie utile de 6 700 m2.

Ce sera le quatrième déjà, dont trois dans l’emprise du port. La société d’origine néerlandaise, et américaine depuis fin 2019, a notamment réhabilité une ancienne base de sous-marins que les Allemands avaient entrepris de construire pendant la seconde guerre mondiale. Quand les travaux de ce nouveau chantier seront terminés, ce ne sont pas moins de 24 000 m2 qu’Interxion pourra mettre à disposition de ses clients du sud de la France.

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Dans l’univers des data centers, cet acteur compte. Contrairement à Microsoft, Amazon ou au champion français OVH, qui bâtissent des centres de données où ils installent leurs propres serveurs, Interxion propose à ses clients des espaces pour installer leurs propres équipements. La société leur garantit l’approvisionnement d’une électricité stable, une température régulée, ainsi qu’un haut degré de sécurité. Comme un locataire pose ses meubles dans un appartement, les entreprises déposent leurs serveurs chez Interxion. Parmi ses plus gros clients figurent les opérateurs télécoms ou des membres des géants du Net, qui y trouvent un appoint à leurs propres installations, mais aussi des entreprises de taille plus modeste, qui ne louent qu’un petit espace.

Un point d’arrivée majeur

Depuis 2014, l’accent mis par la société à Marseille n’a rien d’innocent. Par sa position géographique, la ville est devenue un point d’arrivée majeur des câbles sous-marins par lesquels les données numériques circulent à travers le monde. Avec quatorze câbles qui arrivent sur ses côtes – dont le premier a été posé à l’initiative de l’ancien magnat Robert Louis-Dreyfus, également ex-propriétaire de l’OM –, elle est en relation directe avec 43 pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, soit 4,5 milliards de personnes. Et, d’ici à la fin de l’année, un nouveau câble d’un débit égal aux 14 autres sera mis en service. A Marseille, il arrivera dans les bâtiments d’Interxion.

Selon le site TeleGeography, Marseille se positionnerait aujourd’hui comme le 9e hub de l’Internet mondial, devant des villes comme Hongkong ou Los Angeles. Chez Interxion, on pense que la ville pourrait passer dans le top 5 mondial d’ici deux ou trois ans. Au niveau de l’entreprise, on sent déjà le fort intérêt des clients pour ces nouvelles installations : à Marseille, son activité a crû de 44 % en 2020, contre une hausse de 15 % pour l’ensemble de la France.

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