La reconnaissance faciale, des promesses et des risques

La reconnaissance faciale, des promesses et des risques


Analyse. Depuis plusieurs mois, la reconnaissance faciale agite industriels, responsables politiques et organisations de défense des libertés. Elle fait partie des « nouvelles technologies qui peuvent contribuer à renforcer notre sécurité » à condition de « trouver un équilibre » avec les « libertés rigoureusement protégées », a encore tout récemment rappelé le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

La reconnaissance faciale évoque un imaginaire dystopique, riche et effrayant. C’est en effet une technologie particulière, qui pousse la vérification de l’identité jusque dans ce qui nous définit, les traits du visage. En numérisant – possiblement à notre insu – un trait inaltérable, elle pose des questions fondamentales en matière de libertés publiques. Cette technologie complexe n’est cependant pas monolithique et peut être utilisée de bien des manières, avec des enjeux très variables en matière de vie privée.

Certains usages – permettant principalement d’authentifier une personne, c’est-à-dire de comparer un visage à un seul gabarit, la traduction numérique d’un visage, pour voir si les deux correspondent – sont déjà entrés dans les habitudes. Nombre de téléphones récents peuvent être déverrouillés en présentant simplement son visage face à l’écran.

Certaines entreprises (banques ou locations de véhicules en ligne) vérifient l’identité de leur nouveau client en comparant un selfie qu’il réalise avec la photo de son titre d’identité. Le passage de la frontière dans certains aéroports français peut être effectué à travers un portique comparant le visage du voyageur à celui stocké dans son passeport.

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C’est aussi, schématiquement, le fonctionnement de l’application Alicem, actuellement testée par le ministère de l’intérieur. Cette application, qui doit permettre de s’identifier sur certains sites, notamment de service public, compare le selfie de l’utilisateur avec sa photo de passeport pour attester son identité.

Parfois, la reconnaissance faciale permet d’identifier une personne inconnue en la comparant à une base de données existante. Facebook propose aux utilisateurs d’être avertis dès qu’une nouvelle photographie où ils figurent est postée. Dans une autre sphère, c’est aussi le cas du fichier « traitement d’antécédents judiciaires » (TAJ), que les enquêteurs peuvent interroger avec une image pour identifier un suspect. Une pratique limitée, contrairement aux Etats-Unis, par exemple, où elle est quotidienne.

Le diable se cache dans les détails

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