La Chine, un géant scientifique lancé à pleine vitesse

La Chine, un géant scientifique lancé à pleine vitesse


De l’espace infini à la profondeur des océans. Le 31 décembre 2020, à l’occasion de ses vœux télévisés, Xi Jinping n’a pas manqué de vanter trois exploits scientifiques réalisés par la Chine durant les douze mois précédents : l’envoi de la sonde Tianwen-1 vers la planète Mars, le retour sur Terre de la sonde Chang’e 5 avec, à son bord, quelques échantillons prélevés sur la Lune, et la plongée du sous-marin Fendouzhe (« le lutteur »), à huit reprises, à plus de 10 000 mètres de profondeur.

Chaque 31 décembre, le président chinois aime ainsi mettre en valeur les réussites qui symbolisent le mieux à ses yeux la grandeur de son pays. En 2019, il avait notamment insisté sur l’alunissage de Chang’e 4 sur la face cachée du satellite, sur le voyage inaugural du brise-glace Xuelong 2 en Antarctique, et sur le développement de la 5G.

Le message implicite est clair : malgré la guerre commerciale et technologique déclenchée par Donald Trump, la Chine est sur la bonne voie pour atteindre les objectifs que Xi Jinping lui a fixés : devenir « l’un des pays les plus innovants » d’ici à 2030 et « le pays le plus innovant » en 2049, centième anniversaire de l’arrivée du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir.

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Pourtant, ce Xi Jinping sûr de lui, voire dominateur, peut en cacher un autre. Le 28 mai 2018, c’est en dirigeant inquiet qu’il s’exprime devant l’élite scientifique du pays : l’Académie chinoise des sciences et l’Académie chinoise d’ingénierie, réunies comme tous les deux ans au grand Palais du peuple, sur la place Tiananmen. Cette année-là, son discours tient davantage du réquisitoire que du panégyrique.

« Techno-nationalisme »

« Notre vision de la science et de la technologie, notre cadre de travail, notre capacité d’innovation, l’allocation des ressources, le système et les politiques [mises en place] ne sont pas encore adaptés aux nouveaux enjeux et aux exigences établies par le 19e congrès du PCC, qui s’est tenu en 2017 », constate-t-il.

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Le secrétaire général du PCC se fait même étonnamment précis. « Notre recherche scientifique est encore faible, un problème majeur demeure : les entreprises ne consacrent pas suffisamment d’attention à la recherche de base fondamentale (…). Des lacunes dans des champs tels que les machines-outils, les puces électroniques haut de gamme, les logiciels et les équipements informatiques basiques, les plates-formes de développement, les algorithmes, les composants, les matériaux de base, entravent notre développement, et nous devons encore compter sur d’autres pays pour des technologies essentielles dans des domaines clés », se plaint-il.

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