La bataille du e-commerce stimulée par la crise liée au Covid-19

La bataille du e-commerce stimulée par la crise liée au Covid-19


PHILIPPE PAUCHET/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Par Nadine Bayle et Alexandre Piquard

Publié aujourd’hui à 16h00

Simon Ezanno, propriétaire de la Cave de la Ria, à Belz, s’est offert un second point de vente pendant le confinement. Mais ne cherchez pas son adresse dans cette commune littorale du Morbihan : sa nouvelle boutique se trouve sur Internet. « J’ai préféré rester porte close et lancer mon site, car le commerce va changer », avance le caviste. « L’e-commerce a gagné plusieurs années », confirme Emmanuel Grenier, directeur général de Cnova, la maison mère de Cdiscount.

Des propos qui font écho à ceux du patron de Microsoft, Satya Nadella, sur l’accélération du basculement de nos sociétés dans l’ère du numérique. De nombreuses enseignes non alimentaires peuvent en témoigner, comme Decathlon, la Fnac, Darty ou Kiabi, qui sont devenues d’un coup des acteurs 100 % Internet, avec des ventes en ligne doublant ou triplant en l’espace de quelques semaines.

Dans les domaines de l’alimentation et de la grande consommation, peu présents sur le net, la bascule a été encore plus brutale. L’e-commerce, une alternative rassurante pour les plus de 65 ans au temps du Covid-19, a capté 9,8 % des commandes lors du confinement, contre 5,7 % en 2019, selon le groupe Nielsen. Et un tiers des 2,5 millions de foyers qui se sont approvisionnés en ligne pour la première fois a l’intention de continuer.

A la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), on se réjouit tout autant de la percée des circuits courts et des magasins de proximité sur le Web. « La crise a montré que l’on ne peut plus opposer local et vente sur Internet », souligne son délégué général, Marc Lolivier. Une réponse à la campagne choc lancée par la région Occitanie, en début d’année, autour du slogan « au lieu d’acheter en ligne, j’achète dans ma zone ».

Concurrence autour du « made in France »

D’après une étude de Médiamétrie pour la Fevad parue le 28 mai, les trois quarts des cyberacheteurs pensent que les commerces de proximité devraient offrir la possibilité de commander sur Internet. C’est encore loin d’être le cas. Le rapport DESI 2019 sur le numérique, établi par la Commission européenne, montre qu’en 2018, 17 % seulement des PME vendaient par ce canal dans l’Hexagone. Cette part grimpe à 25 % pour les commerces. Les convaincre de se jeter à l’eau s’annonce donc comme la grande bataille de « l’après ».

L’enseigne Carrefour l’a bien compris. Elle lance, ces jours-ci, « une offre de produits régionaux, de produits du monde et de produits du terroir regroupée sur une place de marché qui démarrera avec une centaine de marchands et montera vite en puissance », annonce Amélie Oudéa-Castéra, directrice e-commerce de Carrefour.

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