En plein scandale, la société allemande Wirecard dépose le bilan

En plein scandale, la société allemande Wirecard dépose le bilan


La société allemande de paiements en ligne Wirecard, plongée dans un scandale financier de grande ampleur, dépose son bilan, a-t-elle annoncé, jeudi 25 juin, dans un communiqué. Cette demande, déposée auprès du tribunal de Munich, est justifiée par « la menace d’insolvabilité et de surendettement », explique l’entreprise cotée au Dax à Francfort, et qui fait l’objet d’une enquête judiciaire sur des soupçons de fraude après la disparition de plus de 1,9 milliard d’euros des comptes de Wirecard aux Philippines.

Cette affaire aux multiples rebondissements a déjà conduit à la démission puis à l’arrestation, mardi, du patron de l’entreprise, Markus Braun, soupçonné d’avoir « gonflé » artificiellement le bilan de l’entreprise en vue de le rendre « plus attractif pour les investisseurs et les clients », selon le parquet de Munich. Il a été depuis libéré contre une caution de 5 millions d’euros.

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Avalanche de problèmes judiciaires

Cette affaire a des ramifications aux Philippines : c’est là que le 1,9 milliard de fonds était censé se trouver sur des comptes appartenant à des banques. Cette somme représente un quart du total de bilan de Wirecard, qui garantit des règlements de transactions effectuées en ligne par des entreprises.

Les banques des Philippines censées abriter les fonds ont affirmé n’avoir aucun lien avec Wirecard et la Banque centrale du pays, qui a ouvert une enquête, a assuré que « les fonds manquants ne sont pas entrés dans le système financier ».

Wirecard « part du principe » que la description des activités réalisées à travers ces comptes tiers « n’est pas exacte » et se demande si « ces opérations ont réellement été menées ». En clair, la direction soupçonne des fonds fictifs et une gigantesque fraude.

Longtemps perçue comme une « success story » de la finance allemande, forte aujourd’hui de 6 000 salariés et 26 succursales dans le monde, Wirecard se retrouve prise dans une spirale qui rappelle le sort du groupe d’énergie américain Enron au début des années 2000. Le groupe texan, qui gonflait artificiellement ses profits, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière, avait fini par faire faillite.

Wirecard est au départ une startup allemande créée en 1999, ayant au départ servi d’intermédiaire dans des paiements électroniques réalisés pour l’industrie du porno et des jeux en ligne. Désormais, c’est une avalanche de problèmes judiciaires qui se profile pour elle. Le parquet de Munich enquête depuis début juin sur l’ensemble du directoire. Ses dirigeants auraient cherché au printemps à embellir une expertise comptable à venir du cabinet KPMG. Ils risquent des peines de prison au vu des révélations intervenues depuis la semaine dernière.

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Le Monde avec AFP



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