e-commerce : les ventes s’essoufflent

e-commerce : les ventes s’essoufflent


« Nous sommes désolés, MADE ne prend plus de nouvelles commandes. Nous vous remercions pour votre patience et espérons pouvoir reprendre les commandes au plus vite. » Au bord du dépôt de bilan après l’interruption de négociations avec de potentiels repreneurs, l’e-commerçant britannique d’ameublement fondé en 2010 a affiché ce message, jeudi 27 octobre, sur la page d’accueil de sa boutique en ligne.

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Phénomène annonciateur de la fin de l’âge d’or de l’e-commerce, au moment où les consommateurs commencent à se serrer la ceinture ? Compétition exacerbée entre les sites marchands qui bouscule les modèles économiques en période d’inflation ? Souffrant d’une baisse de la demande et de la perturbation mondiale des chaînes d’approvisionnement, la société avait averti en septembre qu’elle étudiait « différentes options stratégiques ».

En France aussi, le commerce en ligne s’essouffle cette année. Et c’est une première, après des années de croissance continue. Selon les données de Procos, la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé, les ventes sur Internet des enseignes entre janvier et septembre dégringolent de 15,8 % par rapport à la même période de l’année 2021. Et le mouvement touche quasiment tous les secteurs : l’équipement de la maison (− 3,6 %), l’habillement (− 20,6 %), la beauté et la santé (− 21,9 %), les produits culturels, jouets et cadeaux (− 32,3 %)…

Vases communicants

Chez Maisons du Monde, enseigne de distribution, d’ameublement et de décoration, qui réalise 29 % de ses ventes en ligne, ces dernières ont reculé de 6,9 % au troisième trimestre sur un an, à 79,6 millions d’euros. Seule exception : le marché de la chaussure, qui a continué de progresser, selon Procos, de 7,2 %. « Peut-être parce que de nouvelles habitudes ont été prises pendant la pandémie [de Covid-19], et que les magasins de chaussures avaient peu de sites de vente en ligne auparavant », tente d’expliquer Emmanuel Le Roch, délégué général de la Procos, qui représente 310 enseignes et 60 000 points de vente.

Même tendance chez les acteurs qui ne vendent que par le biais d’Internet. Avec 8,8 millions de clients, le leader français de l’e-commerce Cdiscount a annoncé, le 20 octobre, une baisse de 7,7 % du nombre de visites sur son site au troisième trimestre entre 2021 et 2022, une diminution du nombre de commandes (5,3 millions, contre 6,4 millions) et du nombre d’articles vendus, passé de 11 millions à 8,7 millions. Inflation ? Baisse du pouvoir d’achat ? Les acteurs du commerce ont pour le moment d’autres explications.

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