Avec une levée de fonds de 300 millions de dollars, la startup-up française Mirakl devient une « licorne »

Avec une levée de fonds de 300 millions de dollars, la startup-up française Mirakl devient une « licorne »


Pour s’ouvrir les portes des investisseurs, il existe des mots-clés magiques : « cloud », « intelligence artificielle », « marketplace ». C’est ce dernier que la start-up française Mirakl a choisi pour lever 300 millions de dollars (257 millions d’euros), un record sur la place hexagonale, mardi 22 septembre. Ce nouveau tour de table valorise l’entreprise à 1,5 milliard de dollars, ce qui la propulse dans le cercle fermé des « licornes » – statut décroché dès lors qu’une jeune pousse dépasse le milliard de valorisation.

Mirakl a eu le nez creux en comprenant très tôt le potentiel des places de marché (marketplace en anglais) qui permettent à des vendeurs tiers de proposer leurs produits sur le site de vente en ligne d’une autre entreprise. « L’idée ce n’est plus d’acheter le produit mais de prendre une commission sur sa vente », résume Philippe Corrot, le PDG. C’est ainsi qu’Amazon, qui a adopté très tôt ce concept, réalise désormais le plus gros de ses revenus dans l’e-commerce grâce à des vendeurs partenaires. Et le concept a fait florès : d’autres places de marché se sont depuis développées sur différents segments, comme l’illustre ManoMano dans le bricolage.

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300 enseignes clientes

Au commencement, Mirakl, alors axé sur les jeux vidéo, attire l’attention de la Fnac, laquelle rachète en 2008 les technologies développées par l’entreprise française. Même si celle-ci ne propose pas à ses clients tout l’appareil logistique d’Amazon, elle offre toute la partie logicielle qui leur permet de surmonter les difficultés propres aux places de marché (système de paiement, service client…). Un outil indispensable pour ces grands groupes qui craignent de voir leurs revenus grignotés jusqu’à l’os par des géants tel Amazon.

A travers ses 300 clients (Carrefour, Fnac, Darty, etc.), Mirakl touche désormais environ 4 000 marchands dans le domaine du commerce électronique, que ce soit celui pour les professionnels ou celui pour le grand public. La société a tiré son épingle du jeu de la crise due au Covid-19 : au premier semestre, son volume d’activité a bondi de plus de 110 %, à 1,2 milliard de dollars. « La croissance des marketplaces est incontestable, que ce soit dans l’offre des produits, les propositions de prix, ou la qualité de service », veut croire le PDG de la société. Avec ces millions, notamment levés auprès du fonds Bain Capital et d’actionnaires historiques tels qu’Elaia Partners, Mirakl entend recruter un millier de nouveaux collaborateurs, ce qui devrait quadrupler ses effectifs.

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