« Après la polémique sur les vaccins, voici celle sur les puces électroniques »

« Après la polémique sur les vaccins, voici celle sur les puces électroniques »


Décidément, cette crise nous projette à la fois dans le futur, en nous initiant aux charmes du télétravail et du commerce en ligne, mais elle nous ramène aussi brutalement vers un passé ancestral et sombre de confinements et de pénuries. Après la polémique sur les vaccins, voici celle sur les puces électroniques. Bien sûr, elle ne touche pas les particuliers directement, mais elle emprunte les mêmes voies : une demande mal anticipée, des fournisseurs réduits et, au bout de la route, des utilisateurs en manque ainsi que des prix qui grimpent.

C’est le cas actuellement des constructeurs automobiles. L’américain Ford a prévenu, jeudi 4 février, que la pénurie de puces allait lui coûter entre 1 milliard et 2,5 milliards de dollars (entre 835 millions et 2,1 milliards d’euros), en ce début d’année. Par manque de composants, il a réduit de plus d’un tiers la production de son énorme pick-up F150, la voiture la plus vendue aux Etats-Unis.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le monde de l’industrie s’inquiète d’une pénurie de puces électroniques

Il n’est pas le seul. General Motors, Toyota ou Volkswagen ont également annoncé des pertes de fabrication, faute de puces. Selon le cabinet d’analyse IHS Markit, la pénurie actuelle de semi-conducteurs devrait entraîner une chute de production mondiale de 672 000 véhicules. Cette situation résulte de la conjonction d’un rebond inespéré des ventes de voitures, et notamment des véhicules électriques, et d’un essor des ventes de matériels informatiques, dû au confinement : ordinateurs, téléphones portables, consoles de jeu…

Souverainisme

De quoi alimenter chez nos politiques, la flamme, toujours vive en ce moment, du souverainisme. Il faut dire que le monde de l’électronique est plus caricatural encore que celui des masques ou des vaccins. Pour certaines puces, le nombre de constructeurs mondiaux se compte sur les doigts d’une seule main, et ceux-ci sont tous situés en Asie.

Dans la catégorie reine du domaine, celle des microprocesseurs, le cerveau des ordinateurs, seules deux entreprises au monde maîtrisent la fabrication des dernières générations, le sud-coréen Samsung et le taïwanais TSMC. Même le leader mondial Intel n’est pas parvenu à les suivre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La pénurie de puces électroniques handicape le secteur automobile

Pour ces seigneurs de la salle blanche, le secteur automobile n’était, jusqu’à présent, pas prioritaire, à l’exception de quelques spécialistes, comme le néerlandais NXP. Cela est en train de changer. D’où la montée du nationalisme électronique. L’administration américaine a interdit les ventes de puces à des entreprises chinoises et placé sur sa liste rouge le plus grand fabricant chinois, SMIC.

Il vous reste 23.09% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lien de l’article original

Laisser un commentaire