Amazon suspend l’utilisation de sa reconnaissance faciale par la police pendant un an

Amazon suspend l’utilisation de sa reconnaissance faciale par la police pendant un an


Amazon a annoncé, mercredi 10 juin, interdire pendant un an à la police d’utiliser son logiciel de reconnaissance faciale Rekognition, dans un contexte de manifestations contre les violences policières et le racisme aux Etats-Unis depuis deux semaines.

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« Nous prônons des régulations plus strictes des gouvernements sur le recours éthique aux technologies de reconnaissance faciale, et le Congrès semble prêt à relever le défi », a indiqué le géant du commerce en ligne dans un communiqué, espérant que ce délai donnerait le temps nécessaire aux législateurs pour mettre en place des « règles appropriées ».

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Risque de cibler les minorités

L’annonce d’Amazon intervient un jour après qu’IBM a annoncé qu’elle se retirerait du secteur de la reconnaissance faciale, préoccupée par la façon dont la technologie peut être utilisée pour la surveillance de masse et le profilage racial. Des groupes de défense des droits civiques et les propres employés d’Amazon ont poussé l’entreprise à cesser de vendre sa technologie aux agences gouvernementales, affirmant qu’elle pourrait être utilisée pour envahir la vie privée des gens et cibler les minorités.

Lors d’un discours à Bruxelles, Sundar Pichai, le patron de Google, avait expliqué en janvier que Google ne fournirait pas de service clé en main de reconnaissance faciale tant que des règles et garde-fous n’étaient pas mis en place par les autorités.

Registre des bavures policières

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a présenté lundi une loi qui vise à « changer la culture » au sein de la police des Etats-Unis.

Elle entend notamment créer un registre national pour les policiers commettant des bavures, faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et repenser leur recrutement et formation. « Nous espérons que ce moratoire d’un an donnera au Congrès suffisamment de temps pour mettre en place des règles appropriées », a ajouté Amazon dans son communiqué mercredi.

Des organisations, comme la puissante American Civil Liberties Union (ACLU), appellent depuis deux ans Amazon à cesser de fournir sa technologie de reconnaissance faciale aux forces de l’ordre.

La pression est montée d’un cran mardi, quand des associations de lutte contre les inégalités raciales ont exhorté Amazon à cesser toute collaboration technologique avec la police américaine. Dans leur pétition mise en ligne, elles accusent le groupe de Seattle « d’alimenter et de profiter de l’injustice systématique, des inégalités et des violences contre les communautés noires ». « Amazon a longtemps cherché à être la colonne vertébrale technologique de la police et de l’ICE (police de l’immigration, ndlr) en promouvant activement Amazon Web Services (cloud), son logiciel de reconnaissance faciale (Rekognition) et ses caméras de surveillance (Ring) », a élaboré Athena, un collectif d’associations qui interpellent le groupe sur les impacts négatifs de ses diverses activités.

Accès aux caméras des particuliers

Les caméras Ring servent à assurer la sécurité des particuliers, mais leurs propriétaires peuvent donner s’ils le souhaitent accès à la surveillance vidéo à la police. « Il aura fallu deux ans à Amazon pour en arriver là, mais nous sommes heureux que l’entreprise ait enfin reconnu les dangers que pose la reconnaissance faciale pour les personnes de couleur, ainsi qu’en termes de droits civils en général », a réagi mercredi Nicole Ozer, directrice des technologies et libertés pour une branche californienne de l’ACLU.

Elle voudrait que la multinationale cesse aussi de vendre les caméras Ring « qui alimentent les interventions policières excessives contre les personnes de couleur ».

Le Monde avec AFP et AP



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